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Rue du Grand Faubourg : vingt ans d’inaction sur un axe vital pour les cyclistes

La rue du Grand Faubourg revient régulièrement dans le débat sur la place du vélo à Chartres. L’agression d’un cycliste du quartier en mai 2026 n’est malheureusement pas un fait isolé : elle illustre l’incapacité des pouvoirs publics à répondre, depuis plus de vingt ans, aux besoins des cyclistes du quotidien sur cet axe majeur de l’agglomération.

Mais que se passe-t-il réellement sur cet axe ? Quelle est la position de l’association ChartràVélo ?


Un axe structurant pour les déplacements du quotidien

La rue du Grand Faubourg relie la place des Épars à l’ouest de l’agglomération, en direction de Lucé puis du Mans. Elle constitue aujourd’hui l’un des principaux itinéraires cyclables du quotidien entre Chartres et Lucé.

Les chiffres de l’INSEE et du SDES issus des enquêtes de mobilité montrent l’importance de cet axe : plus de 6 000 déplacements quotidiens ont lieu de Lucé vers Chartres et plus de 4 000 dans le sens inverse. La voiture reste majoritaire (68 % des déplacements depuis Lucé et 62 % depuis Chartres), mais le recours au vélo est significatif : environ 5 % des déplacements domicile-travail sont effectués à vélo dans ces deux communes.

Part modale des déplacements à Lucé et à Chartres


Carte des flux de déplacement domicile-travail (Chartres et Lucé)


Ces chiffres traduisent une réalité simple : les besoins existent déjà. Le développement d’alternatives à la voiture individuelle est indispensable, tant pour des raisons environnementales que pour améliorer les conditions de circulation dans l’agglomération. Le futur BHNS constitue une partie de la réponse, mais il doit impérativement être accompagné d’un véritable réseau cyclable structurant.

Des alertes répétées des usagers depuis plusieurs années

Depuis 2017, ChartràVélo participe avec la FUB à l’organisation du Baromètre des villes cyclables. Cette consultation nationale permet aux habitants d’évaluer les conditions de circulation à vélo et de signaler les points dangereux ou à améliorer.

Depuis 2021, les retours des usagers sont constants : la rue du Grand Faubourg apparaît comme l’un des secteurs les plus problématiques de l’agglomération. Les cartes issues des consultations de 2021 puis de 2025 montrent une accumulation de signalements liés :

  • au sentiment d’insécurité ;

  • aux conflits avec les automobilistes ;

  • au manque de continuité des aménagements ;

  • aux stationnements gênants ;

  • à l’absence de lisibilité des règles de circulation.


Cartes des points à améliorer en 2021, puis en 2025 (Baromètre vélo)

Des aménagements insuffisants depuis 2013

En 2011, la ville de Chartres autorise les cyclistes à remonter la rue du Grand Faubourg, alors en sens unique, entre la rue du 14-Juillet et la place des Épars grâce à un double-sens cyclable.

Cette avancée reste toutefois minimale. Malgré une largeur de rue qui permettrait l’aménagement de véritables pistes cyclables unidirectionnelles, le choix est fait de conserver les stationnements en bataille côté nord de la rue. Les cyclistes doivent alors se contenter d’une simple bande cyclable de contresens.

Depuis cette date, très peu d’améliorations ont été réalisées. Les seuls changements notables concernent la suppression de quelques places de stationnement au profit d’arceaux vélos.

En 2023, les adhérents de ChartràVélo alertent l’association sur le stationnement récurrent de véhicules de livraison sur la bande cyclable, souvent « pour deux minutes ». Malgré plusieurs interventions auprès de la mairie et des échanges avec les transporteurs, la situation reste largement inchangée.

Le BHNS : une occasion manquée pour le vélo

Dans les années 2010, plusieurs projets d’aménagement sont évoqués pour le tronçon entre la place Jeanne-d’Arc et la rue du 14-Juillet. Certains envisagent un itinéraire de contournement, d’autres un aménagement sur trottoir. Aucun ne voit finalement le jour.

En 2024, les travaux du BHNS débutent. Le projet prévoit une voie bus pénétrante vers le centre-ville. Dans les premiers documents présentés, les vélos doivent pouvoir utiliser cet axe.

Mais au cours des travaux, un panneau « interdit sauf bus » apparaît sans mention des cyclistes. S’ensuit une longue série d’échanges entre ChartràVélo et les élus de la ville.

Pour l’association, la logique est pourtant évidente : il est préférable de faire cohabiter les cyclistes avec une centaine de bus par jour plutôt qu’avec plusieurs milliers de voitures quotidiennes sur les axes parallèles. Cette position ne sera pas retenue.

Lors des réunions publiques sur le BHNS, l’association souligne également une incohérence majeure : sur l’avenue du Général-Patton, les cyclistes sont renvoyés vers une piste sur trottoir dans le sens entrant, tandis que dans le sens sortant ils doivent partager la chaussée avec les voitures et les bus.

ChartràVélo obtient néanmoins un point important : l’absence de nouveaux stops ou cédez-le-passage imposés aux cyclistes sur l’axe principal.

Entre Chartres et Lucé : des aménagements discontinus et peu lisibles

Du côté de Lucé, les aménagements cyclables reposent depuis plus de vingt ans sur de simples « voies de courtoisie », matérialisées par un liseré pointillé vert. Quelques bandes cyclables existent entre le carrefour de l’Europe et le pont SNCF, mais aucun aménagement réellement structurant n’a été réalisé.

Depuis 2021, ChartràVélo échange régulièrement avec la ville de Lucé afin de clarifier la place du vélo sur l’avenue de la République. Confrontée à des problèmes de vitesse excessive, notamment près de l’ancien centre commercial, la commune reconnaît progressivement l’intérêt des pistes cyclables pour réduire l’emprise automobile et apaiser les circulations.

L’association obtient également l’installation de panneaux M12 sur certaines intersections avant leur suppression progressive avec le retrait des feux tricolores.

2025 : la rupture avec l’exclusion des vélos

En octobre 2025, ChartràVélo obtient finalement l’installation d’un panneau « sauf vélos et bus » place Jeanne-d’Arc. Cette avancée sera de courte durée.

Quelques semaines plus tard, les adhérents signalent la disparition du panneau. Contactée par l’association, la municipalité confirme son retrait et indique qu’un arrêté pris fin août 2025 exclut désormais les vélos de cet axe dans le sens Lucé-Chartres.

Cette décision impose aux cyclistes un détour d’environ 900 mètres par un itinéraire secondaire dont l’aménagement ne satisfait ni les usagers ni l’association.

La municipalité affirme alors que des consignes ont été données pour éviter la verbalisation des cyclistes, mais cette situation entretient surtout une grande confusion, aussi bien pour les automobilistes que pour les usagers à vélo.

La position de ChartràVélo

Pour ChartràVélo, la situation actuelle est devenue inacceptable.

L’association refuse que les cyclistes soient exclus du principal axe structurant entre Lucé et Chartres alors même que les politiques publiques affichent des objectifs de report modal et de développement des mobilités actives.

Face à cette décision, l’association a appellé, en novembre 2025, à une vélorution et réaffirme plusieurs principes :

  • les grands axes doivent être accessibles aux cyclistes ;

  • les aménagements doivent être continus, lisibles et sécurisés ;

  • la place du vélo ne peut plus être pensée comme résiduelle ;

  • les conflits d’usage actuels sont la conséquence directe d’aménagements insuffisants ou incohérents.

En février 2026, à l’approche des élections municipales, l’association obtient le soutien de la majorité des candidats pour la réouverture de cet axe aux cyclistes, y compris celui de la majorité sortante.

Reste désormais à transformer ces engagements en réalisations concrètes.

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Le vélo, mode de déplacement économe, respectueux de l'environnement et bénéfique pour la santé, doit être au cœur des politiques de mobilité durable et intermodalité.

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ChartràVélo travaille avec plusieurs partenaires et reçoit des subventions publiques.

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