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Municipales à Chartres : les cyclistes et les piétons premières cibles de campagne

L’association ChartràVélo se dit surprise de découvrir, à travers la presse locale, que les premières cartouches de la campagne des municipales à Chartres semblent viser les cyclistes et, plus largement, les politiques en faveur des mobilités actives.

Le mois dernier, le candidat pour Mainvilliers Frédérick BASTIEN déclarait ainsi :

« Je ne suis pas là pour parler des arbres dans la ville et des pistes cyclables. Les enjeux sont ailleurs. »

Pourtant, les enjeux concernent directement les travailleurs. Une part importante des trajets quotidiens domicile-travail s’effectue sur la route : près de quatre accidents du travail mortels sur dix sont liés à un déplacement routier. Chaque année, plus d’un décès sur dix survient lors d’un trajet pour se rendre ou rentrer du travail.

Qu’importe également que les pollutions liées aux particules fines et aux gaz irritants causent 45 000 décès par an en France. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une baisse de leur concentration permettrait d’épargner 6 500 vies chaque année. Les communes disposent pourtant de leviers efficaces, notamment la régulation du trafic routier, responsable d’environ 10 % des émissions de particules fines et 50 % du dioxyde d’azote (NO₂) dans les agglomérations.

Qu’importe encore que l’obésité chez les plus jeunes ait été multipliée par quatre entre 1997 et 2020, alors qu’elle n’a « que » doublé dans la population générale sur la même période. Ce sont les enfants et les adolescents qui paient aujourd’hui le prix du laisser-faire autour de la voiture, du manque d’activité physique intégrée aux déplacements du quotidien.

Il est urgent de mettre en débat des choix d’aménagement qui blessent, abîment, tuent et compromettent l’avenir de nos communes, de leurs habitants et des travailleurs. Il est légitime de poser la question :

« Est-il bon pour nos enfants de se rendre à l’école en voiture, quand l’offre scolaire en maternelle et en élémentaire permet d’accéder à un établissement situé à moins d’un kilomètre du domicile ? »

À Chartres, un autre candidat déclaré, Bernard CHERLONNEIX, a lancé sa campagne cette semaine dans L’Écho Républicain. Parmi ses premières priorités figure la volonté d’« arrêter de persécuter les automobilistes » et de « rétablir une circulation libre ». Il annonce ainsi que, s’il est élu maire, il supprimera « dès le lendemain » le sens interdit de la rue Félibien, symbole de la ville apaisée et de la limitation à 30 km/h.

Si nous partageons la nécessité de consulter les habitants et les usagers lors de la mise en place des aménagements urbains, il ne peut être prioritaire, au XXIᵉ siècle, de considérer la réglementation et l’apaisement de la circulation comme une persécution des automobilistes. La voiture bénéficie déjà d’une liberté bien supérieure à celle accordée aux piétons et aux cyclistes. Sans même être militant, chacun peut constater que plus de la moitié de l’espace public est dédiée à l’automobile, entre stationnement et voies de circulation. Un rééquilibrage est nécessaire.

Les parents savent combien il est difficile de se déplacer avec une poussette. Les personnes à mobilité réduite expérimentent chaque jour les obstacles : caniveaux pavés, bordures sans bateau, trottoirs en stabilisé. Autant de situations qui rappellent à quel point il ne fait pas bon être piéton en ville.

Nous invitons ces candidats à prendre connaissance du manifeste co-rédigé par la FUB, Rue de l'Avenir et le Réseau Vélo et Marche : Faire place aux piétons et aux cyclistes : des clés

pour une cohabitation réussie, pour comprendre les enjeux de la mobilité en ville dans les communes où ils se portent candidat.

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Le vélo, mode de déplacement économe, respectueux de l'environnement et bénéfique pour la santé, doit être au cœur des politiques de mobilité durable et intermodalité.

ChartràVélo fait la promotion du vélo comme moyen de déplacement au quotidien.

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